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Lise Hominal

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555 et un croissant de lune

Il sera demain trop tard pour faire ce que tu n'as pas fait aujourd'hui
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February 21

Quelque part dans l'inachevé - Vladimir Jankélévitch - nrf Gallimard

L’acte d’écrire exige la plus parfaite innocence, et l’innocence est de plus en plus rare dans ce guignol philosophique où l’opinion des autres et la gloire de paraître sont reines, où tout commence par un manuscrit et finit par un manuscrit.

 

Il existe, en revanche, d’autres vertus plus secrètes et qui sont littéralement assassinées, nihilisées, et d’un seul coup, par la conscience qu’on en prend, comme par exemple la modestie, le charme ou l’humour. Il n’en reste rien.

 

L’amour, par contre, est indifférent aux menus détails et aux particularités matérielles ; c’est sa générosité même qui lui donne cette apparence évasive, négligente et parfois un peu approximative. L’amour ne sélectionne pas les caractères, il adopte la personne tout entière par une sélection massive et indivise. L’amour ne veut rien savoir sur ce qu’il aime ; ce qu’il aime c’est le centre de la personne vivante, parce que cette personne est pour lui une fin en soi, ipséité incomparable, mystère unique au monde.

 

Nous nous hâtons, pour survivre, de confondre l’Univers avec le tissu d’amitiés dont nous sommes entourés, tant il est vrai que le plus difficile dans l’existence, c’est de ne pas se laisser décourager par la solitude.

 

Aussi y a-t’il une question qui me hante souvent aujourd’hui : à côté de quels autres mondes inconnus suis-je encore en train de passer ? Mais il est trop tard à présent, trop tard pour vivre une autre vie, une de ces vies qui méritent d’être racontées tant elles sont riches en découvertes merveilleuses et en rencontres extraordinaires… On ne vit qu’une fois.

 

La prétention de toucher un jour à la vérité est une utopie dogmatique : ce qui importe, c’est d’aller jusqu’au bout de ce qu’on peut faire, d’atteindre à une cohérence sans failles, de faire affleurer les questions les plus cachées, les plus informulables pour en faire un monde lisse.

February 16

Maudits Français

 
Lynda Lemay maudits français
envoyé par cubieburk
February 09

Lob der Ferne - Paul Celan

Lob

Lob der Ferne

 

Im Quell deiner Augen

leben die Garne der Fischer der Irrsee

Im Quell deiner Augen

hält das Meer sein Versprechen

 

Hier werf ich

ein Herz, das geweilt unter Menschen,

die Kleider von mir und den Glanz eines Schwures:

 

Schwärzer im Schwarz, bin ich nackter.

Abtrünnig erst bin ich treu.

Ich bin du, wenn ich ich bin.

 

Im Quell deiner Augen

treib ich und träume von Raub

 

Ein Garn fing ein Garn ein:

wir scheiden umschlungen.

 

Im Quell deiner Augen

Erwürgt ein Gehenkter den Strang.


 

Eloge du lointain

 

Dans la source de tes yeux

vivent les nasses des pêcheurs de la mer délirante.

Dans la source de tes yeux

la mer tient sa parole.

 

J’y jette,

cœur qui a séjourné chez des humains,

les vêtements que je portais et l’éclat d’un serment :

 

Plus noir au fond du noir, je suis plus nu.

Je ne suis, qu’une fois renégat, fidèle.

Je suis toi, quand je suis moi.

 

Dans la source de tes yeux

Je dérive et rêve de pillage.

 

Une nasse a capturé dans ses mailles une nasse :

nous nous séparons enlacés.

 

Dans la source de tes yeux

            un pendu étrangle la corde.

 

traduction de JP Lefebvre, édition Gallimard 

June 30

Jeune fille - Anne Wiazemsky

Je les écoutais parler, surprise par leur absence de curiosité, leur incapacité à s’intéresser à ce qu’ils ignoraient et qui ne les concernait pas directement. Je contemplais le buste d’un page en cire sur la cheminée qui nous effrayait un peu quand nous étions enfants ; le portrait de ma grand-mère jeune femme, au dessus de la desserte ; la pelouse et le portail au travers de la fenêtre. Et je ressentais de façon aiguë à quel point rien n’avait changé alors que je devenais moi, de minute en minute, plus radicalement une autre. « Tu t’ennuies déjà avec nous ? » Mon grand père me contemplait avec ce regard à la fois tendre et féroce qui avait le pouvoir de décontenancer tout le monde. La conversation s’interrompit aussitôt ; il profita quelques secondes du silence pour fixer tour à tour les cinq visages des cinq membres de sa famille et ajouta sur un ton suave et avec un sourire angélique : « Comme je te comprends ! »

March 24

Albert Cohen - Carnets 1978

Devant la glace, j’ai pensé que toutes mes apparences seraient bientôt aussi sous terre, verdies et parcheminées, peu appétissantes. Elles seraient si bien attrapées alors, les anciennes aimées, si elles me voyaient, le nez passablement disparu et, sur le trou d’une bouche d’autrefois, le rire immobile et muet des claqués. J’ai changé soudain d’humeur, car je suis jeune quoique vieillard, et j’ai souri avec langueur car j’ai revu, les unes après les autres, toutes mes merveilleuses d’autrefois.

 

Je crois que, parfois, un génie de la littérature est une sorte de fou qui a assez d’intelligence et de ruse pour dissimuler et utiliser sa folie. Ce que je crois aussi, c’est que, dans le génie, il y a un mariage miraculeux des contraires. Le génie, c’est avoir le cœur plein d’amour et l’œil méchant. Le génie, c’est, entre autres choses, être à la fois une douce femme qui a peur, un enfant plein de foi, qui admire trop et que la société n’a pas détruit, mais aussi un lucide vieillard sans espoir et mécréant, un étalon sensuel et surtout, surtout, un fou de sensibilité, qui sent trop, qui sent follement, qui est constamment prêt à la douleur absolue pour tout, à la joie absolue pour tout, qui souffre presque autant de ne pas retrouver ses clefs que d’avoir perdu sa femme, qui éprouve autant de joie paradisiaque à retrouver son stylo qu’à voir revenir à lui la bien-aimée qui l’avait abandonné.

 

O vous, frères de la terre, compagnons desquels je me tiens à distance, compagnons de la même galère, dites-moi, dites, tandis que je tiens une invisible coupe levée, dites ce que je suis venu faire en ce médiocre banquet. Du fond des âges infinis je suis venu, et me voici, si provisoire. Pourquoi, est-ce pour rien, n’y a-t-il vraiment rien ? Mon heure à moi, infime mobile, est venue et va piteusement disparaître. Où et pourquoi ? Les immobiles morts le savent peut être. Que de savoirs enfouis.

 

J’ai vu et j’ai jugé. J’ai vu la misère de l’honneur, loué comme sentiment noble et qui est préoccupation du jugement de la tribu et souci de continuer à en être membre. J’ai vu la misère des religions, magies d’angoisse et d’enfance, et j’ai vu que les croyants ont peur de savoir qu’il n’y a nul but et nulle raison en ce monde, peur aussi de savoir qu’ils mourront à jamais. J’ai vu les nations, toutes mortelles et méchantes bêtes. J’ai vu la misère des révolutions et que les nouveaux indignes chefs remplacent les anciens indignes chefs. J’ai vu de quoi sont faits les succès. J’ai vu à quel prix la célébrité s’obtient et qui sont les célèbres. J’ai vu les chefs politiques et ils m’ont paru, le plus souvent, comiques.

J’ai vu et j’ai jugé. J’ai vu les bals de charité où de jeunes mâles et femelles s’enlacent et se tournent en de mineurs coïts, fiers de charitablement secourir de chers pauvres qui resteront pauvres. Oh, ces petites unions sexuelles habillées et atténuées. Le mâle tout vêtu prend contre lui la jeune fille toute vêtue et il se l’applique contre lui en une discrète copulation verticale. Et la mère de la jeune fille surveille la respectable et sociale conjonction et elle considère, satisfaite, le virginal giron filial voisin du convenable giron mâle, giron de bonne famille et de belles espérances. Et après la danse, les jeunes filles très animées, et pour cause, parlent de survolances élevées avec ceux qui viennent de les décemment triturer et quasiment saillir en l’honneur de la charité, une charité qui n’a jamais enlevé une roue à une automobile de riche. Assez, assez. Car il y a pire.

Oui, il y a pire. Car j’ai su, désespérément su, que tout est sans raison et sans but dans cet univers, indifférent univers dont le maître est le morne hasard. J’ai su que, dans sa boule infiniment tournante, l’homme a été créé sans raison et sans but, issu le long de millions ou milliards d’années ou de siècles, issu et survenu à travers des millions ou milliards de fortuites évolutions et aveugles sélections, pauvre solitaire créature nue dans la morose infinité. O mes frères humains, combien triste est votre frère, combien triste de son lamentable savoir.

February 20

de retour à Genève...

Me revoilà dans le coin!
Enfin, dans le coin, tout dépend de quel coin on parle, mais mon coin à moi, c'est les Alpes qui tournent autour de Genève. Et du lac de Genève, donc (on laisse le lac léman au touristes). Et des stations de ski, avec ces empaffés de touristes (toujours les mêmes), qui osent se planter sur MES pistes de ski, pensez bien, comment peut-on laisser faire ça??
Pis en parlant tourisme, j'en fais pas beaucoup en ce moment... Bizarrement je passe plus de temps au bureau (remarquez, maintenant je connais bien la géographie de la salle de pause, la machine à café, ce genre de choses), moins de temps dans les trains et les avions. Mais tout n'est pas perdu, j'ai découvert qu'il existe une liaison directe entre Genève et Düsseldorf. Et mon chef qui me dit ça, il me dit même que je devrais trouver des vols pas trop chers, parce que bon, qui voudrait aller à Düsseldorf? Cologne, passe encore, mais Düsseldorf??
Donc me voilà dans le coin. Ni une ni deux, je contacte les quelques amis qu'il me reste, dans le coin. Et que ne decouvré-je pas? Lundi matin: je reçois une invitation au séminaire d'accueil de ma boite, début mars (génial les 60 km d'autoroute bouchonnée à parcourir avant d'arriver, fraîche et dispose, à 8h15 en séminaire). Voilà que je regarde la liste de présents, nouvellement embauchés. Et que vois-je: une camarade de primaire vient également de commencer le lundi précédent! Et elle travaille trois étages au dessous de moi! Je ne suis pas seule au monde! (Non je plaisante j'ai aussi des collègues très sympas (4 jeunes hommes, vous pensez bien), et quelques fidèles amis genevois).
Mes collègues, on est d'accord que ce serait contre la déontologie de vous raconter les potins... (comment cacher qu'il n'y a rien d'intéressant à raconter!)
Je vais plutôt vous raconter mes bonheurs avec la hotline Alice. Non, mais ça vous connaissez déjà, j'imagine. Je disais samedi soir à un informaticien, ami d'une amie, qu'on avait vraiment l'impression qu'ils lisaient leur liste de questions et que suivant les réponses, ils vous indiquaient la manip', mais qu'au fond ils y connaissaient pas plus que moi. Et l'autre me répond: ben oui, c'est pas la définition d'une hotline? Non mais bon... J'imgine toujours que les gens qui doivent me venir en aide sont compétents. Pire, j'imagine qu'ils sont intelligents. Grossière erreur, je ne recommencerai plus, c'est promis.
Mais à part ça?
Hé bien à part ça, je me rends compte que je ne connais pas "ici", que je dois prendre le temps de le découvrir, de le redécouvrir. Il y a eu tout mon refus de revenir dans le coin. Tout ce refus de cette vie-là, ce refus de revenir à la case départ. De ne vivre que ça.
Contre tout ce refus il y a eu de la raison, bien plus que de sentiments. De la raison qui me disait que la vie ici pouvait être aussi belle et aussi intéressante qu'ailleurs. Il y a eu des calculs. Des raisons que je ne voulais pas laisser rentrer en compte. Un sentiment d'égoisme, une pointe (mais seulement une pointe) de culpabilité.
Et j'ai une chance, mais une chance incroyable: je travaille avec des étrangers (comprenez, des Français, mais pas de la France voisine, non, des Bretons, Parisiens, Bordelais, Normand, des étrangers vous dis-je) (depuis que je suis partie à l'étranger je ne sais plus ce qu'est un étranger, pour moi on est tous frères, alors tout le monde et n'importe qui l'est également). Bref. Revenons à nos moutons. Travaillant avec des étrangers, je me rends compte de ce qu'ils vivent en arrivant dans la région. Ils me racontent leurs impressions, et je découvre ce qui les surprend et qui me semblait normal. Vu de leur point de vue, mon coin peut être exotique. Et ils échangent leurs adresses, les endroits où skier, marcher, faire de la luge... Je découvre tout ce qui fait la richesse de ma région et que moi, le nez collé chez moi, je n'y avais pas vu.
Donc tout n'est pas perdu. Et puisque je suis à me lancer dans des projets à long terme, autant trouver de bonnes raisons de rester ici.
Par exemple, j'ai passé presque une semaine à cheminer quotidiennement dans une rue parallèle au lac, sans aller le voir. Puis je l'ai vu, et là j'ai compris ce que je faisais ici. Genève est une ville qui a des défauts et des qualités, mais qui a uncaractère.
 
January 16

le post du mercredi

Mercredi, J-?  J-7, encore 7 jours de boulot...
Je suis passée à la VHS rendre mes livres de cours, tenter de me faire payer par la même occasion... afin de pouvoir payer mes factures éventuellement. Ca pourrait être dans mes résolutions de nouvelle année ça, payer mes factures... ou faire ma vaisselle avant que l'évier déborde...
Je suis enfin remise de mes courbatures, j'ai passé deux jours avec les bras, les épaules et le dos en compote, tout ça pour avoir voulu grimper un peu, un peu comme un singe... avec une corde, bien sur, et une collègue qui m'assure, et sans qui je serais écrabouillée par terre à l'heure qu'il est. M'enfin, c'était fun, comme disent les djeunz. Faudra recommencer.
Ah vrai dire vu mon grand âge je ne sais plus ce qu'ils disent les djeunz. Mais bon faut être préparé à tout. Moi par exemple, l'autre jour j'ai appris qu'un hamster pouvait être un sex toy. Si si j'vous assure. Y vont devoir controler les entrées chez botanic maintenant. Quoi, vous les achetez où vos hamsters vous? J'vous aurais bien dit Jardiland mais parait que ça existe plus. Moi dans les sex toys j'en étais restée au canard, mais bon va falloir que je révise ma culture G.
Encore une semaine et demie, donc, dont une soirée salsa, une soirée filles chez moi, un peu de sport, des visites culturelles (sisi), une soirée avec de la caïpirinha-qu'est-de-la-vraie-parce-qu'elle-est-faite-avec-de-la-cachaça-fraichement-ramenée-du-brésil (et faite par des Brésiliens du Brésil, des vrais, de ceux qui croyaient encore que les Françaises c'était des femmes classes). Genre, les vieux préjugés, comme ceux sur les sudaméricains qu'un ami sudaméricain essayait de m'assurer qu'ils étaient faux. Accessoirement, je ne suis pas née hier, et j'en ai rencontré quelques uns dans ma vie déjà, pas besoin de m'expliquer la différence entre un préjugé et la réalité. Non mais. Et pour finir le boulot, un petit pot de départ. Et ça, c'est le truc qui tue, parce que tu sais pas si tu dois inviter les gens que tu as pas envie d'inviter mais que probablement tu es censée inviter et les gens que tu as envie d'inviter mais tu sais pas si ca se fait d'inviter des gens avec qui tu travailles pas. Pis surtout, aie aie aie le porte monnaie! Je plaisante... C'est toujours un plaisir de vous voir... enfin...
Puis vient l'autre question existentielle: c'est quand que je reviens? ou plutot: c'est comment que je fais pour revenir? Un ami m'a dit que je mettais encore plus de distance entre nous en partant à Genève. Oui, mais la distance, c'est relatif non? Si c'est pour ne pas se voir de toutes façon, peu importe le nombre de kilomètres. Et il n'y a pas d'avion pour Cologne, ni Düsseldorf, de Genève. Snif... Adieu mon rêve de revenir un week end pour le Carnaval... C'est totalement ungünstig d'être restée 11 mois,  mais de mars à janvier, dans la région.
 
Vendredi soir j'ai passée une soirée déjantée, avec des fous, de ceux qui chantent à tue-tête dans la rue (non non c'était pas moi ça), qui se mettent à genou pour prier sur les escaliers roulants, qui sautent de partout sur DJ ötzi... Et y'a bien que des poivrots comme nous pour se retrouver dans le bar de la gare, avec tous les vieux bizarres qui boivent leur kölsch ou leur altbier, mais qu'est-ce qu'on ne ferait pas en bonne compagnie? Ah, et j'ai appris un bon truc, quand ton copain/copine te demande de qui c'est le SMS, c'est toujours de Vodafone (SFR/Orange/O2...). Dans mon inénarrable naiveté je réponds toujours à mon chaperon "c'est un collègue" avec toutes les questions qui s'ensuivent... rrrrho mais juste un collègue c'est bon pas la peine de me regarder comme ça!!!
Samedi pour racheter mes péchés je suis allée me balader sur le toit de la cathédrale de Cologne, j'ai appris à bien regarder les gargouilles, sur cette cathédrale là on peut être surpris! Et j'ai vu cette ville d'un autre oeil. Elle m'a apprivoisée avec le musée du chocolat (et un bon chocolat chaud), et m'a définitivement convaincue avec une bonne taverne traditionnelle, toute prête pour le carnaval déjà (depuis le 11 novembre?). Tout à coup le Rhin avait meilleure mine...
 
Bon, et pour le reste: 2008 sera l'année qui palpite (je n'ai pas trouvé de meilleure rime écrivable, si quelqu'un a une autre idée).
Et pour le reste, va falloir inventer un quotidien qui palpite, trouver comment on peut passer 10 ans de sa vie dans un endroit et faire quand même plein de choses passionnantes, rencontrer des gens nouveaux... Un collègue m'a donné une petite idée. Merci pour l'optimisme!
 
 
January 02

Une nouvelle année qui commence...

Une nouvelle année qui commence, et qui commence pleine de promesses: un nouveau job, une nouvelle ville, un nouvel appart, une voiture. Et tout un environnement à construire: que faire, où, avec qui. Il serait temps de cesser de constuire pour partir tout de suite après... peut-être...
J'ai rencontré ici quelques personnes qui me manqueront, avec qui je ne sais pas si je garderai le contact. Plein de promesses... comme d'hab. J'aurais presque hâte d'y être déjà pour voir qui pensera encore à moi, "après". Qui vivra verra... Une bonne surprise dans ma boite aux lettres: une carte de voeux d'une de mes élèves, qui me souhaite tout de bon pour la suite,  et me dit que le cours lui a plu. C'est toujours un petit rien qui fait plaisir, quand on rentre du boulot, qu'on est fatiguée et enrhumée...
Alors voilà, je commence l'année avec de la neige (c'est pas de la Winterstimmung ça? un beau cadeau pour le premier jour de l'année...en marchant 10 minutes dehors je me retrouve toute blanche...), un bon rhume, des voeux, pas de résolutions.
Cette année j'ai décidé de remplacer les (bonnes) résolutions par l'horoscope... qui n'a pas moins de chances de se réaliser que les résolutions, alors tant qu'à faire, c'est plus drôle.
"Pour vivre cette année le plus harmonieusement possible, tenez compte de la configuration planétaire générale. Celle-ci influencera particulièrement les secteurs liés à l'argent et au côté matériel de la vie. Le message est clair : vous aurez toute l'année intérêt à avoir les pieds sur terre. Gérez vos finances et les aspects matériels de votre vie du mieux que vous pourrez ; cela vous aidera à vous montrer réaliste et efficace dans tous les domaines. "--> du mieux que je peux... ben évidemment


"Méfiez-vous comme de la peste de votre tendance à la rancune. Si vous accumulez secrètement les griefs et les comptes à rendre vis-à-vis de personnes de votre entourage, vous risquez d'être fortement tenté de vous venger au cours de l'année. Il serait beaucoup plus simple de dire, sur le moment, ce que vous avez sur le coeur. " --> comme quoi je ne dois pas être la seule qui suis rancunière

Quatre astres formeront en cette période des configurations rares et favorables. Voilà qui promet à nombre d'entre vous une vie amoureuse intense, avec, pour les solitaires, une sérieuse possibilité de rencontre. Mais attention, tous ces astres seront en conflit avec d'autres astres. Il peut donc y avoir quelques remous : de la passion, certes, mais aussi, pour certains natifs du troisième décan, des choix difficiles à faire." --> en gros tout ira bien, sauf si... (comme les autres années, non?). Et comment ça, une rencontre, une seule?! ;-) les possibilités sérieuses, ça veut dire quoi concrêtement? tout est toujours possible non? (je ne suis pas native du 3e decan, mais je me trouve tous les matins devant des choix difficiles à faire... devant ma garderobe, devant mon frigo, devant mon ordi (boulot ou plaisir?))

Les secteurs professionnels de votre thème natal n'hébergent aucune planète, ce qui laisse présager une période facile et sans histoire. Seul point à noter : Jupiter, l'astre de la chance, changera de place. Il ne vous deviendra pas hostile, mais cessera de vous protéger de façon rapprochée. Ce sera donc à vous de jouer, et les résultats que vous obtiendrez seront la conséquence de vos efforts ou de votre laisser-aller ! À vous de choisir, vous aurez toutes les cartes en main.--> les résultats seront en fonction de mes efforts... ah ben ça c'est original...

Et en plus, si l'horoscope des Gémeaux ne me plait pas, je peux aller tenter ma chance du coté des Cochons (ben oui, en signe chinois, je suis pas gatée- gentils petits cochons ne me tenez pas rigueur de ce que je viens d'écrire)

L'environnement planétaire vous donnera la chance d'amorcer cette année une mutation pratiquement sans précédent dans votre existence, avec la possibilité de trouver par l'action un meilleur équilibre et la joie de vivre. Vous pourrez ainsi améliorer considérablement la qualité de votre vie, mais à condition de comprendre la nécessité de transformer votre univers individuel et de l'adapter aux réalités. Recherchez un idéal autre et plus satisfaisant que le simple confort matériel. Pensez à privilégier les qualités de coeur. Essayez d'être sensible sans pour autant tomber dans la sensiblerie, de vous ouvrir à la vie spirituelle sans pour autant sombrer dans la superstition, d'être réceptif aux beautés autant qu'aux peines du monde.


Les planètes qui ennuieront le plus, cette année, seront Thien Tho et Lam Quan. Toutes deux pourront se liguer pour vous souffler un sentiment d'insatisfaction. Pourtant, grâce surtout au solide soutien de Thien Quan, la planète de la chance, les événements ne vous seront pas défavorables, bien au contraire. Alors, n'écoutez pas la petite voix insidieuse qui cherchera à vous faire voir les choses en noir. Regardez votre vie avec sérénité : vous verrez que vous n'avez, en fait, aucune raison sérieuse de vous plaindre ou même de vous inquiéter.

J'avoue que cet horoscope là me plait déjà plus.. il a un semblant de profondeur... il a un coté plus universel que l'autre: je dois avoir une vision du monde conforme à la réalité (ne pas prendre mes désirs pour des réalités), chercher autre chose que le blé, et m'estimer contente de ce que j'ai: rien de très original, de la philo à la con, mais au moins quelque chose avec un sens derrière (enfin le sens il est où vous voulez). 

Et j'ai commencé aussi par le jeu du plomb: j'ai trouvé une clé (mein Vorhaben wird gelingen) et ma chance cette année, tirée dans un gateau bulgare: "neues Haus". En effet...
 
Voilà donc plein de chance pour l'année à venir... Mais un peu trop raisonnables... Sans fantaisie... Il va donc falloir remédier à ça... Ce que je veux le plus, ce n'est pas forcément la réalisation de mes buts, mais un petit peu de surprise, que le destin ait un peu d'imagination... Mes buts, certes j'y arriverai, à la force du poignet. Mais une vie n'est pas réglée sur du papier à musique, elle peut avoir d'autres directions que celle anticipées.
Bref. Sur ce, je vais soigner mon rhume, et je vous souhaite bien le bonsoir, mesdames et messieurs.
December 25

Das Goldene Notizbuch - Doris Lessing

Erwachsen werden ist schließlich nur das Verstehen, dass die eigene einzigartige und unglaubliche Erfahrung das ist, was alle erfahren.

 

Ich sage diese Studenten, die ein, zwei Jahren damit zugebracht haben, Abschlussarbeiten über ein einziges Buch zu schreiben: „Es gibt nur eine Art, Bücher zu lesen, nämlich die, in Bibliotheken und Buchhandlungen zu stöbern, Büchern mitzunehmen, die einen interessieren, und nur die zu lesen und sie wegzulegen, wenn sie einen langweilen, oder die Längen zu überspringen – und niemals, niemals etwas zu lesen, weil man glaubt, man müsste, oder weil es zu einer Richtung oder Bewegung gehört. Denk daran, dass das Buch, das dich langweilt, wenn du zwanzig oder dreißig bist, eine Offenbarung sein kann, wenn du vierzig oder fünfzig bist – und umgekehrt. Lies kein Buch, wenn nicht die Zeit dafür gekommen ist.

 

 
December 10

Retour vers le passé 3.0

Retour d’Innsbruck. Après 2 ans et demie où je raconte à tout le monde comment Innsbruck, c’est bien, et que ci, et que ça…

Fallait-il venir faire le constat sur place, que Innsbruck, c’était terminé ?

Non, cela je le savais déjà, je l’ai re-constaté en y allant : une très belle ville, où je me sens bien, mais sans sentiments particuliers. On a parfois besoin de revoir ses ex pour s’apercevoir que tout est vraiment fini… mais rien n’empêche de trouver encore du charme à ses ex, et en l’occurrence, Innsbruck reste une ville très agréable. Une ville gemütlich, où l’on se sent bien… une ville de vacances : perdue dans les montagnes, avec les petits villages aux clochers ronds et aux maisons peintes… aux alpages, aux chalets. A la neige qui invite au ski. Aux forêts. Et la ville elle-même, l’Inn que j’aime toujours autant, les maisons colorées, la cathédrale, le marché de Noël… Et aussi pour toutes ces raisons qu’Innsbruck est une ville particulière : le stand de Thomas, le café sur les toits de la vieille ville que les touristes ne connaissent pas… les petits coins plus cachés, la fac, l’arrêt pour changer entre le bus F et le bus O devant la boulangerie… tout ça tout ça…

Mais la vie suit son cours… Les vieux potes avec qui on a passé les meilleures soirées se sont rangés, construisent maison et famille, prennent un poil d’embonpoint… Ca fait bizarre de les retrouver en pères de famille… Et moi et moi et moi ? J’ai fait quoi moi de tout ce temps ? Je suis en retard moi si je n’en suis pas à ce stade-là de ma vie ? Non sûrement pas… différence d’âge (un peu), de rêves, et on a fait des choses différentes dans nos vies… Eux ne sont jamais partis en Erasmus, n’ont jamais vécu à l’étranger, n’ont pas pris le risque de perdre un peu de ce qu’ils avaient construit en partant… Chacun sa vie… Mais si j’habitais à Innsbruck, ce serait sûrement aussi de cette vie là que je rêverais…

Bref, je me suis aussi amusée à repérer toutes les différences, les cafés ou restos qui ont changé de nom, les nouveaux bâtiments… le jeu des différences… C’est drôle d’arriver dans une ville que l’on connaît, d’avoir ce sentiment de tout retrouver au fur et à mesure… il y a une couche de poussière sur ces souvenirs, et pas à pas on redécouvre émerveillé qu’on connaît cette ville, que les souvenirs reviennent… J’ai retrouvé la Treibhaus, dont j’avais oublié le nom, mais pas cette petite boite avec un nom en « Blue » en bas d’un escalier, quelque part sur le bord de la Maria-Theresien-Strasse… Passer devant le Hafen, le Stadtcafé… Horreur ! La Proseccheria a changé de nom, elle porte un nom hideux que je n’ai pas daigné retenir…

Ils sont bizarre ces tyroliens... Ils s'appellent tous Hofer (Thomas le marchand de Weihnachtsschmuck, Andreas le héros local, même Aldi s'appelle au Tyrol Hofer...), ils font des Kindergärten dans la Schlachthofgasse (ils ne sont pas encore au niveau d'ironie des Berlinois: quand vous arrivez à Berlin en train, dans la nouvelle gare, la gare centrale, vous êtes accueillis par un "Bombardier. Wilkommen in Berlin"...). Et peut être l'impression que les Autrichiens sont hypercivilisés, en bien comme en mal. En tout cas en bien, très polis.

Bref… j’ai laissé dans cette ville un peu de moi-même… Et pour répondre à un ami qui me disait que sa meilleure année était celle de ses 23 ans, la mienne, c’était celle que j’ai passé à Innsbruck.

ibk

November 26

Le Monde - 24/11/07 - Barbara, intacte et lumineuse

Barbara, intacte et lumineuse

LE MONDE | 24.11.07 | 15h27  •  Mis à jour le 24.11.07 | 15h27
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Ce sont des champignons qui l'ont tuée, le 24 novembre 1997. Un bocal devenu poison dans les caves de la maison de Précy-sur-Marne. Ou bien un surgelé décongelé recongelé. Ou des amanites phalloïdes, des hallucinogènes, des morilles ou des cachets. Dès sa mort à l'Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, les rumeurs transforment le "choc toxico-infectieux", cause officielle du décès, en mystère.


A lire, à écouter

Concerts. "Une cantate pour Barbara", le 26 novembre, à 20 h 30 au Théâtre des Variétés, 7, boulevard Montmartre, Paris-2e. Mo Grands-Boulevards, de 13 € à 52 €. Avec Le Ballet Béjart, Marie-Paule Belle, Jeanne Cherhal, Vincent Delerm, Jean Guidoni, Agnès Jaoui, Sandrine Kiberlain, Serge Lama, Judith Magre, William Sheller, Anne Sylvestre, Roland Romanelli. Au bénéfice de Sidaction.

Sur Europe 1 : "On connaît la musique : Rappelle-toi Barbara", le 24 novembre de 23 heures à 1 heure en direct avec Calogero, Vincent Delerm, Jeanne Cherhal, William Sheller, Raphaël, Olivia Ruiz, Jean-Louis Aubert et Sandrine Kiberlain.

Disques. Chez Mercury-Universal : Bobino 1967, avec pour la première fois l'intégralité du récital (16 titres). Théâtre des Variétés 1974, 2 CD. Au Chant du monde-Harmonia Mundi : Le Temps du lilas, archives INA, 1956-1973, en coffret 4 CD, très beau travail d'édition phonographique ; Barbara à l'Atelier (1954), les plus anciennes archives sonores.

Livres et revues. Barbara, Portrait en clair-obscur, de Valérie Lehoux (éd. Fayard-Chorus, 474 p.,23 €) ; Barbara, de Marie Chaix (éd. Libella-Maren Sell, 200 p., 12 €) ; Barbara, parfums de femme en noir, d'Alain Wodrascka (éd. Didier Carpentier, 368 p., 19,90 €) ; "Barbara 10 ans déjà", Télérama numéro hors série (98 p., 7,90 €) ; Chorus-Les Cahiers de la chanson, "Dossier spécial Barbara" (www.chorus-chanson.fr).


Noire et blanche, Barbara, disparue à l'âge de 67 ans après des années de santé fragile, de respiration bronchitique, était pourtant limpide. "Quand j'ai écrit Nantes, on a dit : elle est triste ! Non ! Mais tout le monde a perdu un père et moi j'ai pas inventé la mort... On se dirige vers la mort en passant par une chose éblouissante et terrible aussi qui est la vie. C'est un mensonge quand on dit qu'on avance vers la vie, on passe (emphatique) par la vie" (à François Deletraz dans "Opus", sur France Culture en 1993, restitué dans Le Temps du lilas, coffret édité ce mois-ci par Le Chant du Monde).

Peu importent les causes de la mort. Barbara est vivante puisque son public demeure et s'est même enrichi d'une jeunesse en culottes courtes quand elle finissait sa dernière tournée, épuisée, en 1994. La jeune génération de la chanson française en a fait une référence. Le dixième anniversaire de sa mort est l'occasion de la publication d'ouvrages souvent hagiographiques, où la suprême insolence consisterait à dévoiler l'identité de ses amours - le secret longtemps tu, l'inceste du père, révélé par elle-même dans un ouvrage posthume, Il était un piano noir... Mémoires interrompus (1998).

Barbara se protégeait. Rien de ce qu'elle ne voulait pas qu'on sache ne parut jamais. Par respect pour la "longue dame brune" selon Georges Moustaki qui l'aima, et sa pudeur, mais aussi parce que Barbara était une "femme piano" (titre de son ultime album en 1996) dont les chansons sont autant de miroirs tendus, aux amoureuses, aux adolescents, aux blessés.

SON AMANT LE DIPLOMATE

Monique Serf, née le 9 juin 1930, s'était rebaptisée du nom de la martyre chrétienne d'Héliopolis, jetée aux lions en 306. Barbara, du latin "barbare", "étranger". Etrangère aux lois communes, excessive, professionnelle, elle avait sapé dès 1954 les règles musicales en chantant d'une voix nue des classiques du répertoire français dans l'arrière-salle d'une friterie bruxelloise, puis Brassens ou Giani Esposito à L'Ecluse, cabaret parisien de ses débuts. Partout, elle chante. A Abidjan, en 1961, où elle rejoint son amant, le diplomate Hubert Ballay, pour qui elle écrira Dis, quand reviendras-tu ? avant de le quitter.

A Paris, en 1993, au Théâtre du Châtelet, s'adressant à son public : "Seuls vous et moi connaissons les sentiments extraordinaires qui nous unissent. C'est formidable la route que vous m'avez tracée. Il est vrai qu'à 63 ans, vous m'avez laissée intacte, vous m'entendez, intacte." Au passage, Barbara, intimement engagée (les prisons, la lutte contre le sida...), ajoutait à son répertoire Lily, de Pierre Perret, "la plus belle chanson antiraciste".

Sur cette alchimie politico-fusionnelle, Göttingen, chanson obligatoire de tous les récitals et compilations, renseigne. En 1964, Barbara chante à L'Ecluse. De jeunes admirateurs allemands l'invitent à Göttingen. Mais "l'Allemagne était comme une griffe", dira Barbara, femme juive, ayant passé une partie de son enfance à fuir l'occupant nazi et les camps de concentration - un sujet sur lequel elle est longtemps restée discrète. Aller en Allemagne lui cause des nausées.

Mais le pire, c'est qu'il y a une grève des déménageurs de piano à Göttingen, et qu'au lieu d'un demi-queue, il y a "un énorme piano droit, orné de deux chandeliers... Aucune possibilité de voir le public ni d'être vue." Impensable. Un groupe de jeunes étudiants ira récupérer le piano idoine chez une vieille dame. Alors, emballée, restituée au public, Barbara écrira Göttingen, chanson du pardon, comme le fut Nantes, destinée au père violeur.

Vêtue de noir et cloîtrée, la religieuse de la chanson française était surtout capable d'une écriture lumineuse, sensuelle, fluide. A peine, par exemple, sublime chanson d'amour composée en 1970, avec l'accordéoniste Rolland Romanelli, chanson qui figure sur l'album L'Aigle noir (l'inceste encore), paru en 1970. Elle est inscrite au formidable récital donné en 1974 au Théâtre des Variétés, réédité par Mercury-Universal, son label historique.

Véronique Mortaigne

On dirait bien que p'tit Vinz avait raison... Pour l'histoire de l'Aigle noir... J'ai mis l'article parce que j'avais mis les paroles de la chanson "Göttingen". Chanson que j'aime encore plus maintenant...

November 25

Budapest and Co.

Je reviens de Budapest.
J'ai rêvé de ce voyage pendant toute une semaine, ça devenait une obsession, j'ai saoulé tout le monde à parler de ce voyage. Maintenant je suis de retour. Et je ne sais pas quoi dire.
Tout d'abord que c'est une très très très belle ville. Que quand tout aura été restauré, si cela est possible, ce sera encore plus beau. Que c'est aussi très difféerent de Prague. Prague qui est également une très belle ville, mais qui devient un "eurodisney pour touristes", et ce n'est pas péjoratif, simplement Prague est envahie par des hordes de touristes. Et il faut reconnaitre que les Pragois font tout ce qu'il faut pour que les touristes aient des raisons de venir, et de revenir. Budapest est aussi très touristique, mais quand même moins. Budapest donne l'impression d'être une très grande ville, existant dans une vie parallèle aux touristes.
C'est aussi une ville qui soulève chez moi plein de questions, sur l'histoire, sur le traitement de l'histoire et de la mémoire, sur le communisme, le fascisme et le nationalisme. Sur le développement économique, quand on voit certains boulevards qu'on pourrait retrouver à Paris, quand on voit les chaines de magasins chers comme dans toutes les capitales ouest-européennes, et peu de magasins et peu de restaurants autres. Des immeubles en ruine, et des mendiants. Des mendiants, il y en a autant à Paris certes. C'est une ville remarquablement organisée, les transports en communs sont parfaits, les bains sont un luxe accessible et très agréable. Comment dire ce malaise que j'ai eu parfois?
Il est sans doute dû en partie à une frustration, celle qui me fait dire que je n'aime pas faire du tourisme. Que je n'aime pas visiter une ville. Que cela me laisse très frustrée, ayant la sentiment d'être là en visiteur (ben oui quoi d'autre?), j'arrive, je prends des photos, j'envoie des cartes postales et ciao! Cette superficialité... voir et laisser glisser... rentrer chez soi ou repartir pour une nouvelle destination...
Je déteste ne rien comprendre de ce que je vois. Ne pas savoir d'où tout vient, le pourquoi, le quand, le comment...
Et pourtant je sais bien que le tourisme, malgré sa superficialité, est quand même un pas en avant. Un peu mieux que "ne rien connaitre du tout"...
 
November 13

Ich- ein anderer. Imre Kertész

Das grelle Morgenlicht in der Imbissstube der Graf-Starhemberg-Gasse. Die leichte Irrealität des Lebens, dieser lockere Humus, auf dem später die Erinnerungen wie flammender Mohn erblühen.

 

Die Welt nicht zu verstehen, bloß weil sie unverständlich sei, ist Dilettantismus. Wir verstehen die Welt darum nicht, weil das hienieden nicht unsere Aufgabe ist.

 

Alte Parteiführer äußern sich im Fernsehen. Sie „glaubten“ an die Partei. Sie „glaubten“, dass „Irrtümer“, „Fehler“ passiert seien, aber sie „glaubten“ zum Beispiel, dass „Stalin davon nichts gewusst“ habe. Usw. Doch wäre es falsch, anzunehmen, sie hätten solche Gemeinplätze nicht mit echten Inhalten, ihren sogenannten „Glauben“ nicht mit echten Gedanken oder Gefühlen verwechselt. Die daraus zu ziehende Lehre: diese Menschen haben ihr Leben auf einen falschen Gebrauch der Sprache gebaut. Schlimmer noch, sie haben diesen falschen Sprachgebrauch zum gültigen Konsens erhoben und haben bei ihrem Abgang lautre Sprachgeschädigte zurückgelassen, die nun dringend moralische Soforthilfe benötigen, da die durch den falschen Sprachgebrauch wertlos gewordenen, wie Papierfetzen zerfasernden Worte plötzlich ihre moralische Verletzungen zu enthüllen scheinen. Moralische Prothesen klappern, moralische Krücken knarren, moralische Rollstühle rollen, wohin ich auch blicke.

 

Wir sind uns einig, dass eine unheimliche Entwicklung ihre Schatten vorauswirft. Die Vorzeichen des Grauens sind überall und in allem erkennbar. Die rationale Sprache vermag diese Symptome nicht annähernd zu fassen. Man muss zu alten Sprachen greifen, zur Bibel, die von Satan weiß und das Weltende kennt.

 

Vergiß nicht den Traum, der dich wiedergeboren hat.

Vergiß nicht deine Eltern.

Vergiß nicht, dass du im tiefen Traum das von ihnen empfangene Leben angenommen hast.

Vergiß nicht das Versprechen, das dieses Leben birgt.

Vergiß nicht, daß dieses Versprechen an Bedingungen geknüpft ist, ja dass du die Einlösung dieses Versprechen einzig in der Erfüllung seiner Bedingungen suchen musst.

Du verlangst doch nicht etwa eine Zugabe?

 

 

 

Berlin, die wechselvolle Vereinigung der geteilten Stadt. Überhaupt verblüfft, dass die Vereinigung gar nicht erwünscht ist. Eine antikreative Erfahrung. Sie löst Wut aus, ohnmächtige Gereiztheit in Anbetracht der plötzlichen Raumausdehnung, der wachsenden Möglichkeiten, vor allem aber der drängenden, unaufschiebbaren Aufgaben. Ängstlich horcht das altersschwache Europa auf: Es hat sein seit Jahrzehnten verfolgtes angebliches Ziel erreicht, ist jetzt aber äußerst erpicht, alles abzuwehren, was ihm Taten abverlangen, was zum Nachdenken, zur Erneuerung, zur Kreativität anregen könnte. Das bärtige Europa gleicht einem alten Geizkragen, der dem Mädchen, das ihn bei der Damenwahl zum Tanz auffordert, einen Stockhieb versetzt, da er nur eines mutmaßt: man wolle sein Geld. In solcher Kleinkariertheit steckt die Vorahnung drohender Sklerose und des eigenen Endes.

 

Ihr verlangt doch nicht, dass ich meine nationale, konfessionelle und rassische Identität formuliere? Ihr verlangt doch nicht, dass ich eine Identität habe?

Ich verrate euch: Meine einzige Identität ist die des Schreibens. (Eine sich selbst schreibende Identität.)

Wer ich sonst bin? Wer wüsste es?

 

October 08

Madonna- The Power of Goodbye

Freedom comes when you learn to let go
Creation comes when you learn to say no
 
September 15

La rentrée

Le week end dernier, j'étais à Prague. Vieux rêve, voir Prague.
Le wekk end d'avant, j'étais à Brême. Aussi une belle ville.
 
L'automne est maintenant arrivé, j'ai commencé les cours de français, je m'habitue à l'idée qu'il n'y aura plus d'été. Puisque c'est ainsi... j'en prends mon parti.
La rentrée, c'est toujours le moment où je m'énumère tout ce que j'ai fait. Et où je prends de bonnes résolutions, qui ne tiendront évidemment pas jusqu'au prochaines bonnes résolutions, mais peut être que l'essentiel c'est de les prendre, pas de les suivre. De mettre des mots sur des choses.
En un peu plus de six mois ici, j'ai appris beaucoup, j'ai fait plein de choses. Natürlich. J'étais venue avec l'idée que j'allais acquérir une bonne expérience sur le plan professionnel, que cela me laisssait un peu de temps pour réfléchir sérieusement à ce que e voulais faire ensuite, que j'allais apprendre mieux l'allemand, que j'allais rencontrer des gens, prendre le temps de sortir, voyager, etc.
Je me rappelle encore le premier soir en arrivant dans l'immeuble, j'ai rencontré une collègue francaise avec qui j'ai fait connaissance. Elle portait un T-shirt de l'entreprise, et je me suis dit: "Moi aussi je veux un T-shirt comme ça", "Moi aussi je veux participer à cette course avec les autres, cette année où je suis ici". Et je l'ai fait, et j'ai mon T-shirt (très important le T-shirt ;-)). Elle m'a dit aussi, je m'en souviens, "T'inquiète pas, on est une bonne bande sympa, il y a des jeunes dans leur trentaine, on sort régulièrement etc". Et moi qui me disais: Dans la trentaine??!! C'est jeune ça? Trente ans m'apparaissait presque un âge canonique. Et mercredi soir, après un ciné, je suis allée boire un verre avec une de ses collègue (mariée 2 enfants, une jeune, donc) et trois de ses amies. Et l'une allait avoir 40 ans cette année. Hé bien je ne l'aurais jamais cru! Comme quoi, après six mois, je me suis habituée à considérer que même à 40 ans, on pouvait être encore jeune. Mais quand même... 40 ans, c'est aussi l'âge de ma cheffe, et elle, même si elle n'est pas vieille, on sent quand même qu'elle a un autre âge. Une autre maturité, une autre phase de la vie. Elle qui me dit: "Mais voyagez, profitez-en, vous n'aurez jamais autant de temps que vous n'avez en ce moment. Et elle a probablement raison. Sauf à la retraite. Mais je ne vais quand même pas attendre!
Bref, donc je me suis habituée aussi à être la plus jeune, presque le petit bébé. Parfois c'est gênant. Mais je me dis aussi que je n'ai pas à me faire du souci: ils étaient où, eux, à mon âge? Et l'âge, ça dépend des personnes. C'est dans la tête. Pour de vrai.
 
Je fais aussi le compte du temps qui me reste, des endroits où je veux encore aller. Je ne suis presque pas allée à Düsseldorf, Cologne, Aix-la-Chapelle, qui sont pourtant tout près d'ici. J'aurais vu en 6 mois et demie pas mal d'endroits: Berlin, Hambourg, Leipzig, Brême, Münster, Nürnberg, Lübeck, Schwerin, Stralsund et Rügen, Rostock (+ Heiligendamm, rendons à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu), Trier. Plus Amsterdam, Rotterdam et Prague. Des week-ends sont déjà prévus pour Francfort et Bruxelles. Innsbruck aussi. Christkindlmarkt. Göttingen aussi. Ca me rappelle la chanson de Barbara...
 
Bien sûr, ce n'est pas la Seine,
Ce n'est pas le bois de Vincennes,
Mais c'est bien joli tout de même,
A Göttingen, à Göttingen.

Pas de quais et pas de rengaines
Qui se lamentent et qui se traînent,
Mais l'amour y fleurit quand même,
A Göttingen, à Göttingen.

Ils savent mieux que nous, je pense,
L'histoire de nos rois de France,
Herman, Peter, Helga et Hans,
A Göttingen.

Et que personne ne s'offense,
Mais les contes de notre enfance,
"Il était une fois" commence
A Göttingen.

Bien sûr nous, nous avons la Seine
Et puis notre bois de Vincennes,
Mais Dieu que les roses sont belles
A Göttingen, à Göttingen.

Nous, nous avons nos matins blêmes
Et l'âme grise de Verlaine,
Eux c'est la mélancolie même,
A Göttingen, à Göttingen.

Quand ils ne savent rien nous dire,
Ils restent là à nous sourire
Mais nous les comprenons quand même,
Les enfants blonds de Göttingen.

Et tant pis pour ceux qui s'étonnent
Et que les autres me pardonnent,
Mais les enfants ce sont les mêmes,
A Paris ou à Göttingen.

O faites que jamais ne revienne
Le temps du sang et de la haine
Car il y a des gens que j'aime,
A Göttingen, à Göttingen.

Et lorsque sonnerait l'alarme,
S'il fallait reprendre les armes,
Mon cœur verserait une larme
Pour Göttingen, pour Göttingen.

Mais c'est bien joli tout de même,
A Göttingen, à Göttingen.

Et lorsque sonnerait l'alarme,
S'il fallait reprendre les armes,
Mon cœur verserait une larme
Pour Göttingen, pour Göttingen
 
 
 Hé oui... L'Europe, une évidence? Cette Union Européenne, il ne faut pas oublier qu'elle est née des guerres. Et de la nécesité de n'en avoir plus. La paix n'est pas que l'absence de guerre, c'est une forme presque "anormale" que l'Europe tente d'inventer depuis 60 ans.
Si j'avais eu quelques doutes sur l'élargissement à l'est de l'UE, cette visite à Prague m'aurait convaincue qu'il ne s'agissait vraiment que de rétablir une vérité. J'ai rarement vu une ville aussi européenne. J'attendais la Prague baroque, celle des cartes postales, et j'ai découvert aussi la Prague Art Nouveau. L'influence croisée des Habsbourg et du catholicisme, imposant le baroque, et la Renaissance tchèque avec l'art nouveau, l'affirmation d'une identité propre et athée.
On se dit que le communisme n'a été qu'une parenthèse. Qu'il n'a pas marqué la ville. La culture. Que le temps est une drôle de chose. Que l'Histoire se fait sur des temps longs. Que le territoire tchèque a toujours été européen, et que pendant longtemps, nous petits Français, nous l'avons oublié. Que la pauvreté reste, encore. Qu'il y a, c'est certain, des différences de niveau de vie. Et de manière de vivre. Mais que ça finalement au regard de ce qui nous relie,  c'est superficiel.
 
A Prague, je me suis aussi retrouvée par hasard dans un restaurant russe (pardon, soviétique, il s'agissait de rassembler tous les gens qui venaient d'URSS - je ne sais pas où ils ont fait leur étude de marché, mais enfin), où j'ai rencontré des gens super sympas mais un peu bizarres quand même. J'ai passé ma soirée à écouter des chansons russes et à manger des choses aussi bizarres, pour moi petite Française, que des Gurken, du hareng, du pain noir avec du lard, des pilmini (écriture phonétique, excusez l'orthographe).
 
Pas de conclusion aujourd'hui. Je m'en vais.
 
June 27

Hey Jude

Hey, Jude, don't make it bad
Take a sad song and make it better
Remember to let her into your heart
Then you can start to make it better

Hey, Jude, don't be afraid
You were made to go out and get her
The minute you let her under your skin
Then you begin to make it better.

And any time you feel the pain, hey, Jude, refrain
Don't carry the world upon your shoulders
Well don't you know that its a fool who plays it cool
By making his world a little colder

Hey, Jude! Don't let her down
You have found her, now go and get her
Remember, to let her into your heart
Then you can start to make it better.

So let it out and let it in, hey, Jude, begin
You're waiting for someone to perform with
And don't you know that it's just you, hey, Jude,
You'll do, the movement you need is on your shoulder

Hey, Jude, don't make it bad
Take a sad song and make it better
Remember to let her into your heart
Then you can start to make it better

June 26

Europa ist eure Kosmos

Jeudi, je pars à Berlin. Berlin, Pariser Platz, plus exactement. Réception à l’ambassade de France. Voilà, j’avais juste envie de le dire.

Na.

Bon, tout simplement, j’en avais déjà parlé ici, j’avais envie de Berlin, tout le tralala, l’ambiance incomparable de Berlin. L’ambiance alternative, l’ambiance culturelle, l’ambiance nostalgique de Berlin. Berlin, c’est tout le 20e siècle dans une ville.

Mais je ne reste pas à Berlin, je pars vendredi soir à Leipzig. D’où le titre de cet article. Pourquoi Leipzig, me demande-t’on ? Parce que Leipzig, c’est une ville où je veux aller depuis quatre ans maintenant. Leipzig, c’est de là que venait Sarah, une étudiante qui a logé chez moi pour Eurocosmos, pendant ma première année d’études. En fait, Sarah, elle venait d’Hambourg, elle était franco-allemande, et elle avait choisi de faire ses études à Leipzig. De Leipzig, elle ne m’a raconté que les grands appartements souvent vides, et les tilleuls. Alors, depuis, je m’imagine Leipzig comme une ville où les rues sont larges et bordées de tilleuls, et les maisons sont de vieilles maisons baroques, avec de grands appartements où les étudiants trouvent facilement des WG. Bon, je n’ai quasiment jamais aimé les WG que j’ai visité, mais enfin. Et Leipzig, ça fait penser à la musique.

Ne me dites pas que je me trompe, je le sais. Je ne peux qu’être déçue, vu l’image que je me fais de cette ville, en voyant la réalité, celle d’une ville de Messen et industrielle.

Peut-être aurait-il fallu faire ce que l’on me conseillait, de rester à Berlin, d’aller à Dresde plutôt, ou de trouver une ville qui soit vraiment sur le chemin. De toute façon, je n’en ai jamais fait qu’à ma tête. Et c’est l’éternelle question : faut-il réaliser ses fantasmes ? Faut-il mieux garder Leipzig comme un rêve romantique, ou se laisser attirer par une ville qui forcément, sera différente de ce rêve ?

Also, tout ça c’est l’Europe, et Europa ist unsere Kosmos…

Berlin, Leipzig, le week-end dernier Hambourg. Hambourg c’était bien, mais ça m’a aussi un peu déçu. Il faudrait sûrement que j’y retourne, pour m’en faire une autre idée.

Le mieux, dans mes récents voyages, c’était à coup sûr Rotterdam. Rotterdam, autre ville pour laquelle on m’a dit « Mais qu’est ce que tu vas faire là bas ? ». Ben voyons, je vais compter les mouettes. Et pourquoi pas Rotterdam ? La ville la plus étrange que j’ai vu, la plus neuve. Une ville très dépaysante, exotique, je ne me serais pas crue en Hollande. Sauf que j’ai de la Hollande cette image amsterdamienne, celle de canaux, des tulipes, des vélos. La Hollande des Patins d’argent. Et puis, Rotterdam, c’était le vent, c’était être seule, c’était prendre des photos. Et je n’ai pas envie d’y retourner avec qui que ce soit.

J'irai ailleurs, avec qui que ce soit...


June 03

et encore une semaine...

Un petit week end tranquille à la maison... Ca fait du bien finalement de temps en temps... Il faut dire que les 3 derniers week ends ont été bien occupés: Rotterdam, Brême, Nuremberg/Erlangen. Malheureusement je n'ai fait que très peu de photos des deux derniers. Aujourd'hui je voulais partir voir Münster, mais ce matin je n'ai pas eu le courage de me lever, après avoir été malade cette nuit... Ce sera pour une autre fois... Et les week-ends prochains le sont tout autant: je rentre chez moi jeudi matin (je prends le train à 6h14, il faut vraiment que j'aie envie de rentrer chez moi!) und dann Richtung Paris, le 23 je pars à Hambourg avec une collègue, puis Berlin, puis peut-être Trêves chez mon cousin (mais seulement peut-être!), puis fin juillet, Amsterdam et enfin Dublin... Et d'autres projets, plus lointains, mais plus incertains...
Un petit week end à la maison, ça sert a faire le point, à se demander si on court dans la bonne direction... Pour moi se pose toujours la question du "après". Un gros gros point d'interrogation. Ma collègue part dans les bureaux de Francfort, elle va me manquer... Elle qui m'avait vraiment donné envie de m'ouvrir, alors que je me fermais, que je me taisais. Plus personne avec qui rigoler de tout et de rien dans le bureau. L'autre VIE aussi va partir, et le stagiaire. Eux aussi vont laisser un vide. Enfin, ce n'est pas tout de suite, et de nouvelles personnes viendront les remplacer...
Un petit wee end pour avoir le temps de déprimer (ah, oui, parce que déprimer de temps en temps ça fait mal, mais ca ne fait pas que du mal) sur tout ce qui ne va pas.. Ou qu'on s'imagine qui ne va pas... Tout ce qui concerne la politique. Certains amis. Des trucs au boulot. Ben finalement, ça fait du bien de déprimer parce que quand on a fini de déprimer (oui dans la déprime, ce qui est bien, c'est d'en sortir, de sortir de son moi je, de son moi je suis malheureuse gnagnagna) on se rend compte que tout cela n'est pas si grave, que ce qui est grave peut s'arranger et que ce qui ne peut pas s'arranger n'est pas si grave. Alors que si on n'avait jamais déprimé, on n'en serait pas là... Ou bien??   
 
Hier je suis allée à Düsseldorf, il y avait la fête japonaise, avec des feux d'artifices, mais je suis rentrée avant car il allait pleuvoir et je n'avais rien prévu. Il y avait plein de monde dans la vieille ville, la foule habituelle qui vient faire la fête, boire un verre, retrouver des amis. Ceux qui célèbrent des enterrements de vie de jeune fille/garcon. Et ceux qui venaient en plus pour la fête, certains déguisés. Il y avait des démonstrations de karaté, et à manger, cette glace recouverte de sirop, comme dans "Mémoires d'une geisha". Comme dans, je me rappelle aussi, un livre que j'avais lu sur les Aztèques. Et dans les bars, la retransmission du match Allemagne/San Marino. Même à coté du coté frime de Düsseldorf (ben oui, se mettre en terrasse à 17h30 pour boire du champagne, plus snob tu meurs), c'est interessant de voir la façon dont les gens sont habillés. Leur tenue est recherchée, elle est "mode", elle est souvent originale. Et rien à voir avec Wuppertal, où l'on s'habille pour ne pas sortir nu, en gros.
 
Un petit week end à la maison, c'est aussi du temps pour cuisiner (et manger), pour lire... Ce matin j'ai lu "La nuit", d'Elie Wiesel. Une histoire de camps de concentration de plus, si l'on peut dire cela, un livre de plus qui me tire des larmes à n'en plus finir. A force je ne me demande même plus comment cela a été possible. Au début du livre l'auteur souligne que quelqu'un avait essayé de les prévenir, mais que la communauté juive ne pouvait pas le croire, que ce soit possible. Qu'ils auraient eu des occasions de fuir, au départ, mais qu'ils ont voulu rester là. Et rester ensemble. Comment croire quelqu'un qui vous raconte que des soldats arrivent, vous fot creuser une fosse, et vous abattent à coup de mitraillette les uns après les autres. Comment croire ensuite la déshumanisation, la perte de la foi, la perte des liens familiaux? L'auteur raconte comment il en vient presque à souhaiter la mort de son père, pour augmenter ses chances de survivre lui-même. Comment il en vient à ne pas répondre à ses appels pendant qu'il agonise, pour ne pas recevoir de coups. L'auteur se dégoute de penser cela, comment a-t-on fait cela de lui? De lui et de millions d'autres, quand il s'agit de vie ou de mort, de conditions à la limite du vivable?  
Devant la pendaison d'un enfant, un prisonnier se demande : "Où donc est Dieu? et le narrateur qui pense "Où il est? Le voici - il est ici, pendu à cette potence." Et où est donc l'Homme?
François Mauriac dans sa préface raconte: "Le dernier jour de l'année juive l'enfant assite à la cérémonie solennelle de Roch Hachanah. Il entend des milliers d'esclaves crier d'une seule voix: "Béni soit le nom de l'Eternel". Naguère encore, il se fût prosterné, lui aussi, avec quelle adoration, quelle crainte, quel amour! Et aujourd'hui, il se redresse, il fait front. La créature humiliée et offensée au-delà de ce qui est concevable pour l'esprit et pour le coeur, défie la divinité aveugle et sourde: "Aujourd'hui, je n'implorais plus. Je n'étais plus capable de gémir. Je me sentais au contraire très fort. J'étais l'accusateur. Et l'accusé: Dieu. Mes yeux s'étaient ouverts et j'étais seul, terriblement seul dans le monde, sans Dieu, sans homme. Sans amour ni pitié. Je n'étais plus rien que cendres, mais je me sentais plus fort que ce Tout-Puissant auquel on avait lié ma vie si longtemps."
 
Chaque livre sur les camps de concentration se ressemble. Chacun raconte la même chose. Et cette monotonie, c'est leur force. Il faut le lire, le lire et le relire, peut-être, pour s'en imprégner, pour ne plus pouvoir oublier. Ces camps qui ont été vécu par des personnalités différentes, ont été vécu de la même manière. Ils répètent, répètent. Pour témoigner. Pour que l'on n'oublie pas. Pour qu'on puisse comprendre, peut-être. Je ne suis pas sûre qu'on le puisse. Lire cela, ou visiter des blocks, voir de fours, et continuer à rester là, sans comprendre. Savoir tout ce qui s'est passé, mais ne pas l'avoir vécu.
Ancrer ces histoires dans l'Histoire, la Mémoire dans nos mémoires.
Et vivre. Vivre et faire la paix, vivre en étant tous bourreaux et victimes. Reconstruire. Faire la paix, vivre la paix. Après chaque guerre. La chanson dit "Si j'étais né en 17", et moi je dis, et ce n'est qu'un exemple, pour ma génération "Si j'étais née à Sarajevo", "Si j'étais née à Kigali", d'un coté ou d'un autre... Comment faire la paix avec son propre peuple? En lisant Elie Wiesel, on sent encore de la haine, et cela se comprend. Notamment envers ceux qui ont échappé au chatiment. Facile pour moi de parler de paix. Mais que cela reste limité... que la haine n'entraine pas la haine... que ce ne soit pas un cycle de violence...
May 17

De retour de vadrouille, sur le point de repartir...

Hé oui, je suis partie le week-end dernier en vadrouillle à Rotterdam (et jamais "escapade" n'aura mieux mérité sa racine de "s'échapper", je m'échappe de Wuppertal, je m'échappe de mes pensées de la semaine, qui me travaillent, de toutes ces choses sur lesquelles je m'interroge). Après avoir passé mon vendredi à chercher une destination en Allemagne pas trop loin, pas trop cher et qui me tente, je me suis résolue, le vendredi soir, à prendre un billet pour Rotterdam. Quelle drôle d'idée me direz-vous. Pourquoi Rotterdam, pourquoi pas Amsterdam. Et pourquoi pas? Tout le monde va à Amsterdam, c'est une raison suffisante pour aller à Rotterdam. Et j'ai promis à une amie d'aller avec elle à Amsterdem... en espérant qu'elle ne m'oublie pas...
Donc, Rotterdam: amateurs de petites villes hollandaises, passez votre chemin! Amateurs d'achitecture, d'art moderne, de curieux et de routard, accourez! Rotterdam a bu son centre ville détruit pendant la guerre, et les reconstructions ont laissé place à l'imagination. Grandes tours en verre, constructions de toutes formes... se mélangent avec le coté "hollandais": les vélos, les canaux. Les statues partout, une bonne ambiance. Un nombre impressionant d'étrangers. En deux jours à peine, on m'a demandé le chemin au moins 5 fois. Je dois avoir une bonne tête, apparemment, voire être crédible dans le rôle de rotterdamoise. Ma foi, c'était également l'occasion de parler anglais. Moi qui m'imaginais que l'allemand me servirait plus... C'est un peu compréhensible, le flamand. Un peu comme l'espagnol pour un Français. Mais quand même... Une drôle de langue.. Je me suis bien entendu perdue, le samedi, j'ai marché et marché, loin du centre, je me suis retrouvée dans un très joli quartier résidentiel, où les maisons étaient séparées de la rue par des canaux. Et les gens y accédaient en traversant des ponts. Et c'est la saison des canetons... qui me font penser à l'année dernière, les Tuileries.. ma discussion avec qqn dans le parc. Et puis, bien entendu, Rotterdam est le plus grand port d'Europe. Il n'y a pas si longtemps, le plus grand port du monde. Le premier port pétrolier du monde. J'ai fait un tour en bateau pour visiter le port, voir les cargos, les conteneurs, leds grues, les raffineries, les entrepots. C'est ça l'économie de notre temps. La conteneurisation, une des innovations qui a le plus révolutionnée le monde (comme dirait mon prof d'espace mondial...). Tout cela me fascine. Les ports, les bateaux qui viennent de loin. Un ce petit coté romantique à la Stefan Zweig. Allez savoir pourquoi... Et ces musées, ces parcs, le bonheur de vivre et la confiance des gens. Rotterdam n'est pas connue, pourtant ça a l'air d'être une ville très riche.
Et le vent... le vent très fort, si bien qu'on se croirait au bord de la mer, même si environ 30 km m'en séparent. La prochaine fois je vais à la Hague! Les mouettes, qui viennent quémander des frites. Il y a plein de choses à voir à Rotterdam. La prochaine fois, je prends le bateau pour aller voir les moulins à vent. Et je vais voir Delft, connue pour ses chantiers navals... et l'absinthe... J'ai vu les maisons cubiques. J'ai vu le musée van Beunigen.
Bref... la belle vie... et je suis malade aujourd'hui! Il ne faut pas! Ce soir on a fêté l'anniversaire de vinz et melanny. Demain, boulot... alors bonne nuit les enfants!
May 03

Le musée Grévin

Je vous salue ma France arrachée aux fantômes

O rendue à la paix Vaisseau sauvé des eaux

Pays qui chante Orléans Beaugency Vendôme

Cloches cloches sonnez l’angélus des oiseaux

Je vous salue ma France aux yeux de tourterelle

Jamais trop mon tourment mon amour jamais trop

Ma France mon ancienne et nouvelle querelle

Sol semé de héros ciel plein de passereaux

Je vous salue ma France où les vents se calmèrent

Ma France de toujours que la géographie

Ouvre comme une paume aux souffles de la mer

Pour que l’oiseau du large y vienne et se confie

Je vous salue ma France où l’oiseau de passage

De Lille à Roncevaux de Brest au Mont-Cenis

Pour la première fois a fait l’apprentissage

De ce qu’il peut coûter d’abandonner un nid

Patrie également à la colombe ou l’aigle

De l’audace et du chant doublement habitée

Je vous salue ma France où les blés et les seigles

Mûrissent au soleil de la diversité

Je vous salue ma France où le peuple est habile

A ces travaux qui font les jours émerveillés

Et que l’on vient de loin saluer dans sa ville

Paris mon coeur trois ans vainement fusillé

Heureuse et forte enfin qui portez pour écharpe

Cet arc-en-ciel témoin qu’il ne tonnera plus

Liberté dont frémit le silence des harpes

Ma France d’au delà le déluge salut
 
Louis Aragon
April 29

Le Pèse-nerfs

Il faut que l’on comprenne que toute l’intelligence n’est qu’une vaste éventualité, et que l’on peut la perdre, non pas comme l’aliéné qui est mort, mais comme un vivant qui est dans la vie et qui en sent en lui l’attraction et le souffle (de l’intelligence, pas de la vie).

Les titillements de l’intelligence et ce brusque renversement des parties.

Les mots à mi chemin de l’intelligence.

Cette possibilité de penser en arrière et d’invectiver tout à coup sa pensée.

Ce dialogue dans la pensée.

L’absorption, la rupture de tout.

Et tout à coup ce filet d’eau sur un volcan, la chute mince et ralentie de l’esprit.

 

 

La pensée est merveilleuse en ceci qu’elle permet une réflexion sur elle-même, sur son point de départ, sur son cheminement. Qu’est ce que l’intelligence ? la capacité à saisir la pensée. Comme si l’esprit pensait seul, mais que l’intelligence humaine sert à la capter, ou du moins à en capter des bribes. Tout d’un coup l’intelligence peut s’arrêter, l’on peut perdre la capacité à discerner ce qui est pensé. Il y a, comme le dit Artaud, un dialogue dans la pensée. Y a-t-il aussi un dialogue entre la pensée consciente et la pensée inconsciente ?

 

Penser sans rupture minime, sans chausses trappes dans la pensée, sans l’un de ces escamotages subits dont mes moelles sont coutumières comme postes émetteurs de courants.

Mes moelles parfois s’amusent à ces jeux, se plaisent à ces jeux, se plaisent à ces rapts furtifs auxquels la tête de ma pensée préside.

Il ne faudrait qu’un seul mot parfois, un simple petit mot sans importance, pour être grand, pour parler sur le ton des prophètes, un mot témoin, un mot précis, un mot subtil, un mot bien macéré dans mes moelles, sorti de moi, qui se tiendrait à l’extrême bout de mon être,

Et qui, pour tout le monde, ne serait rien.

Je suis témoin je suis le seul témoin de moi-même. Cette écorce de mots, ces imperceptible transformation de ma pensée à voix basse, de cette petite partie de ma pensée que e prétends qui était déjà formulée et qui avorte,

Je suis seul juge d’en mesurer la portée.

 

Quitter les cavernes de l’être. Venez. L’esprit souffle en dehors de l’esprit.il est temps d’abandonner vos logis.

 

 

Antonin Artaud – le Pèse-nerfs

April 23

Il ne restera rien

Il ne restera rien
Tout est vécu en vain
Vous pouvez partir tard ou bien mourir demain
Vous pouvez boire de l'eau vous pouvez boire du vin
 
La vie est ainsi faite
Et lorsque tout s'arrete
Plus rien de nos bazars, plus rien de nos conquetes
Plus rien de nos idéaux, plus rien de nos idées betes
 
Pas plus que de trésors
Plus rien que notre corps
Ni haine ni regard, ni regrets ni remords
Que l'on soit mort idiot, intelligent ou fort
 
Plus une trace de vous
Millionnaire ou sans sous
Le blabla les dollars la couleur ou le gout
Disparaitront sitot quand disparaitra tout
 
Sans raison sans morale
Ni le bien ni le mal
Le neant, le trou noir, il restera que dalle
Si le rien est un sot, le fou est son egal
 
Meme si l'on a tout vu
Meme si l'on n'a rien su
Si l'on a voulu croire, craignant d'etre deçu
Si l'on a cru le beau, ou si l'on n'a rien cru
 
Il ne restera rien, et ne prends pas ma main
Il ne restera rien on peut partir demain
 
On implore le soleil
Et pour lui c'est pareil
Ca peut faire des milliards d'années qu'il s'émerveille
Pour lui aussi banco! un jour la mise en veille
 
Puis on crie a la lune
Elle ne nous repond qu'une
Explication barbare, nous avuatn que chacune
Ou chacun sans cadeau va vivre pour des prunes
 
Si j'ai grandi sans foi
Si j'ai vecu sans loi
Si je garde l'espoir de finir avec toi
Mon reve un jour se clot, tout se tait, tout s'en va
 
On fait voeu d'abstinence
On se nourrit d'outrance
On vit dans le hasard, on prevoit tout d'avance
On est froid, on est chaud, on a peur ou confiancee
 
On passe des années
A se chercher paumé
On se sort du brouillard, on se voit entouré
On comprend le coeur gros que tout va s'oublier
 
Puis le temps d'un sourire
On aperçoit le pire
Celui qui sans égard, nous amène a vieillir
C'est le temps d'un sanglot, c'est le tmeps d'en finir
 
Il ne restera rien, et ne prends pas ma main
Il ne restera rien, on peut mourir demain
 
Il ne restera rien, et ne prends pas ma main
Il ne restera rien, on va crever demain
 
Et un jour, tout finit
Meme si l'infini s'enfuit
On vit ici, on part ailleurs, on s'en soucie
On a vrai, on a faux, on l'admet puis on nie
 
Il ne restera rien
Si vous écoutez bien
C'est messieurs dames, l'histoire, c'est en tout cas la fin
D'une chanson dont bientot il ne restera rien
 
Les Ogres de Barback - Du simple au néant
 
Juste une chanson parce que je l'aime bien, mais sans l'écouter, juste à la lire, ce n'est pas pareil... Donc si vous avez l'occasion... écoutez donc tout l'album!
Bref... je ne peux pas m'empêcher de revenir ici... surtout en cette période d'"intenses émotions", période de découvertes et d'espoirs, période électorale également... Exagérations des deux cotés: "I socialisti passano e io vado via" et moi qui pense la même chose, mas dans l'ordre inverse... Si Sarkozy passe je ne reviens pas... Exagération bien sûr... Mais... Rien de tel que la politique pour vous prendre les tripes, pour faire monter la colère qui monte si rarement, pour avoir envie de baffer vos collègues et vos meilleurs amis... Heureusement, si les opinions durent, ce n'est pas le cas des élections... et des occasions de parler politique...
Il faut bien vivre quelque chose...
En parlant de vivre, je reviens de Paris, avec un beau coup de soleil et des provisions de thé et de chaussettes...  non qu'on n'en trouve pas ici, au contraire, mais... Et puis Paris, je me répète, mais c'est beau... Paris sous le soleil, Paris fleuri.
Et être dans le Thalys, et se retrouver, une fois de plus, dans une société franco-allemande... avec ces gens la qui sont l'Europe, dans une de ses plus belles manifestations.
 
April 10

les mots

Les mots ne viennent pas... que je sois au téléphone ou que je sois devant mon clavier, les mots ne me viennent pas pour raconter ce que je vis. Quand on me demande de raconter ce qui se passe, je dis que tout va bien. Et c'est vrai. Tout va bien, et c'est tout, c'est un peu court jeune fille! Comment ca bien, qu'est ce que tu fais, qui tu vois? Je fais ce que je fais et je vois qui je vois, mais je ne vois personne, en ce moment, avec qui partager ça. Quel égoïsme.
Et pourtant je ne rêve toujours que de raconter ma vie, de vous raconter ce qui m'arrive. Je suis passée du journal intime au blog par besoin d'être lue, mais aujourd'hui je vais repasser au journal intime. Je ne crois plus en vous. En votre existence, en votre intérêt. Et ce besoin de m'ouvrir, je devrai le trouver ailleurs. Je pourrais écrire des mails. Au moins je pourrais vous raconter ce que je ne peux écrire ici.
Je pourrais vous raconter mes colères, mes mélancolies, mes mépris, mes moments joyeux et stupides.
Je pourrais vous raconter cela mais je sais que je ne trouverai pas d'écho. Je ne trouverai pas de réponse, je ne trouverai pas qui me racontera la même chose pour lui.
Je pourrais, oui, je pourrais vous raconter mes dernières soirées, je pourrais vous raconter mes collègues, Jack et Jacky les inséparables, les autres VIE, les potins, le boulot, le collègue du troisième, le brun qui a un si beau sourire et qui prend l'ascenseur à huit heures et quart tous les matins. Je pourrais vous dire que la Terre tournera toujours rond tant que les Espagnols seront si charmeurs. Je pourrais vous dire que j'aimerais bien avoir des nouvelles de certaines copines, que parfois je me fais du souci pour elles.
Je pourrais aussi rester sur un registre apparemment plus neutre, vous parler des ces textes qui m'émeuvent. De ces livres qui me tirent des larmes sur les éléphants dans le train entre Paris et Bruxelles. Vous parler de ces chansons qui me donnent envie de chanter (je m'en abstiens, le temps n'est pas encore au beau fixe), d'écrire, de crier. De manifester, de descendre dans les rues et sur les places. Je pourrais vous parler de ces blogs, de ces gens qui savent raconter de belles choses, ou de moins belles, avec de beaux mots. Mais vous n'iriez pas les lire.
Je pourrais laisser les autres parler à ma place, vous mettre des citations qui vous diraient ce que je ressens mais en plus mieux. Mais je ne saurais pas ce que vous en pensez.
Et pourtant c'est ce que vous en pensez qui m'intéresse. Mes mots ne sont que mon regard sur les choses, mais ce n'est pas mon regard sur moi. Il n'y a pas plus ennuyeux que moi je vous assure.
Et pourtant c'est dommage, car l'écriture est mon moyen d'expression préféré, avec parfois le langage corporel.
Ce qui est drole des fois avec les blogs, c'est que les gens les écrivent, mais sans avoir forcément d'intérêt pour les lire.
April 03

un mois et des poussières..

Un mois et des poussières... C'est le temps que j'aurais passé ici, dans ce nouveau "zuhause", à Wuppertal. Komisch. Tout est passé tellement vite, depuis le début. Je n'ai pas écrit. Je n'ai rien fait de ce que je devais faire, même pas les choses importantes. Ma foi.
J'ai fait plein de choses pas importantes, en revanche. J'ai retrouvé (presque) une vie d'Erasmus (enfin, avec un peu plus de boulot il faut bien l'avouer, et sans les personnes qui ont fait de mon année Erasmus ce qu'elle a été). Un jeune homme charmant à qui je racontais que j'adorais l'ambiance Erasmus et qui ne l'avait pas vécu me demandait "l'ambiance Erasmus, c'est beuveries et coucheries?". Il y a de ça mais pas que. Et bien là, il y a de ça mais pas que.
Difficile de raconter un mois en quelques lignes. Je ne sais pas par où commencer.
Peut-être par la ville: Wuppertal, ville industrielle, tout le monde vous dira que c'est laid. Et bien moi, je ne vous le dirais pas. Wuppertal n'est pas, et de loin, la ville la plus laide que j'aie vu. Rien qu'à voir les arbres fleuris de la Luisenstrasse, c'est tout le printemps qui est là. Et il y a de belles façades. La ville a pu être riche, autrefois. Enfin, riche. Un collègue me disait que c'était la ville de la naissance de l'industrie allemande. Bayer, par exemple. En revanche, c'est je crois une des villes les plus glauques que j'aie jamais vu. Ce n'est pas incompatible. Le problème de Wuppertal, ce n'est pas la ville, ce sont ses habitants. Wuppertal, c'est une concentration assez importante de misère sociale et culturelle, j'ai l'impression. Enfin je ne connais encore pas tout. Ce que j'ai vu de Nancy n'était pas du tout-rose, ce n'était pas la place stan et la rue des doms, et pourtant je reste sur l'impression que Nancy était une belle ville (et je n'ai pas fini de débattre avec mon collègue messin, la vérité étant que je connais très peu Metz). Nancy sentait les étudiants, l'évolution économique, la politique, l'Europe, Nancy sentait le futur. Wuppertal sent... le présent qu'on maintient, à peine suivant les quartiers. Dire pourtant qu'il y a des étudiants à Wuppertal. Je vous assure qu'ils sont bien cachés. Je crois qu'ils se cachent à Düsseldorf, dès que leurs Vorlesungen sont terminées. Cercle vicieux... Düsseldorf est totalement différente, c'est la ville des services, mais là il s'agit d'un cliché. Mais c'est une autre ambiance. C'est le snobisme (mais il ne s'agit pas d'un reproche) de la Königsallee. C'est les terrasses sur le bord du Rhin. Chaque fois que j'y suis allée, il faisait beau, et chaque fois j'avais presque l'impression d'être en vacances. Peut etre parce que j'en reve déjà. Peut etre plutot a cause des glaces en terrasse, des lunettes de soleil, des gens qui sortent pour voir et se faire voir, des mouettes, et de la promenade au bord du Rhin. Ben quoi, le Rhin, ce n'est pas la Méditerranée, mais ça y ressemble ;-) Ce qui est drole, ou peut etre pas (comme dirait ma chef), c'est ce complexe allemand: on pourrait croire que les Allemands voudraient être italiens, ou espagnols. Qu'ils leurs envient leur qualité de vie, leur nourriture, leur mode, tout. Sauf que bien sur ils ne voudraient pas être italiens ni espagnols, parce que dans ce cas ils ne pourraient pas être allemands. Et je me retiens d'être mauvaise langue. Mais pourtant je ne vois pas ce qu'ils ont à leur envier, la qualité de vie ici est bonne, il y a de beaux magasins, plein de bars, de l'ambiance, de bonnes patisseries. Pas besoin de rêver de tapas ou de cuisine italienne, quand celle ci se réduit à des spaguetti, pas besoin d'apprendre la salsa comme des fous, nouvelle mode.
J'avoue que je n'ai pas beaucoup d'inspiration, ce soir. C'est bien pour ça que je n'ai pas écrit, jusqu'à présent. Parce que je ne le sens pas.
Je me sens bien ici, mais comme un animal, sans conscience, sans recul. Sans savoir trop pourquoi. Peut etre simplement parce que je ne m'y sens pas mal.
 
Ca aurait dû être le mot de la fin. Mais je me relis, et ca va mieux. En fait, je ne sais pas trop quoi penser, et de tout. De ma vie au travail et en dehors du travail. Mais tout n'est pas perdu. Je regarde mon téléphone en sachant que ça ne le fera pas sonner. Je regarde mes mails en sachant que celui que j'attendais ne viendra pas. Tant pis. Il y a un nouveau soir chaque jour. Et tant que mes chers collègues continuent à me planter toute seule en boite (le bon prétexte!), il y a de l'espoir... pis bon... pis paris me manque et j'y retourne ce week end et je me réjouis d'avance, je veux du soleil et des terrasses, des cafés et des parisiens que plus parisien tu meurs... voir l'expo au petit palais dont parlait cécile... de la culture et de la confiture... je veux revoir scpo.... je veux la fontaine de beaubourg, je veux la tour eiffel depuis les tuileries, je veux le grand palais éclairé la nuit, je veux le quai branly, la jardin des plantes et son dragon recyclable, le parc montsouris et les butes chaumont, monmartre et ses touristes et ses arnaqueurs (parce que ces gens louches, c'est presque l'essence meme de montmartre), la vulgarité et la beauté des halles, comme si ca faisait longtemps que j'étais partie... je veux tout paris et tout le reste... et pis j'ai aussi sacrément envie de berlin et de vienne ces jours ci... vienne parce que j'y ai passé un très bon paques il y a deux ans... pour les musées et le triangle des bermudes, pour le steppenwolf et parce que sissi, parce que mozart et parce que les caleches c'est tellement kitsch que c'est delicieux... pour berlin parce que... parce que berlin est un des centres du monde moderne, le centre de l'allemagne que j'aime, celle qui marie le mieux le passé avec l'avenir. pis je veux l'allemagne de l'est, leipzig et dresde, je veux aussi hambourg. Et je vais avoir deux semaines de formation à Göttingen. C'est pas le pied ca? alors meme si je me sens pas si mal ici, voire même plutot bien en général, quand je ne suis pas comme ce soir, en écoutant mika comme tout le monde en ce moment, alors même si j'adore les bords de rhin à écouter le bruit de l'eau et à regarder passer les péniches (quand les bateaux ne se dechargent pas dans le rhin), je préfère paris et les grandes capitales, parce qu'elles forment un univers en elles mêmes. Je veux dire: paris est une dizaine de villes à la fois, une centaines d'atmosphères... changer de quartier c'est changer de monde. et ça me démange fort de voyager ... pis...  je veux, je veux... plein de choses... faire le tour de l'argentine et du chili, avec un petit detour par le bresil, la bolivie, le pérou et le venezuela, l'amerique du nord du mexique au canada (d'est en ouest), un petit tour d'espagne, d'italie, du portugal, de grèce, de grande bretagne, de suede, d'allemagne, de pologne, de tout le reste de l'europe de l'est, de turquie, du maroc, d'inde avec un petit saut au japon et à shangai... rien que ca... et je reve aussi de la mongolie, de vladivostok... du transsibérien, du lac baikal.. j'arrête...
et je suis très fière d'avoir eu mon grand O!! bon fallait que je le dise, je l'ai pas encore dit a grand monde...
February 14

Ca y est...

Ca y est... Grand O, oral de langues, tout est fini. Tous les examens, ceux du semestre et ceux du master, sont terminés. Plus que tout le reste, à savoir le stage. Et tout le reste: les "bricoles administratives" qui me terrifient (en particulier la confrontation avec les vendeuses de France Telecom, quand je vais résilier mes abonnements et rendre mon modem : je suis la seule à me retrouver idiote devant ces gens?) et rien que deux déménagements. La routine, quoi. Ou presque.
Et miracle, j'ai réussi à avancer ce soir: à faire plein de lettres, plein de tri dans mes cours... Ce que je garde et ce que je reste.
Dans les "je garde" de ce semestre, il y aura plein de choses, peut-être moins qu'au semestre dernier quand même... Moins de nouveautés. Il y aura la visite de ma ptite haut-savoyarde, eurodisney et nos folies en Space Mountain, il y aura quelques pots, celui au coolin, par exemple, et le premier pot de finance, au "PDG", rencontrer qq amis,la toute première sortie du semestre au Queens,  il y aura la soirée bolivienne, même si elle n'était pas très bolivienne, la soirée où la sirène du rhin rencontra son prince charmant, allemand comme il se doit, la soirée "fuck la fashion" aux bains avec Miss Australie, ah celle la oui vraiment inoubliable, et celle de son-ancien-futur-coloc, qui a une voix charmante au téléphone. Le barrio latino, plus récemment, la butte aux cailles, un concert à la Cigale... et il y aura aussi des évènements plus culturels, la nuit blanche, l'expo sur l'expressionisme, le quai branly... Des meetings politiques... Du yoga. Des bons films: Libero, Une vérité qui dérange, Sarajevo mon amour, Babel que m'avait recommandé un voisin de train entre paris et francfort, Je vais bien ne t'en fait pas, Le vent se lève... Des films lents, aussi: Daratt, Ping Pong. Ceux vus en DVD, le voyage de Chihiro, Jarhead (une bonne surprise), princesse Mononoke, joyeux noel, une initiation aux séries (Desperate Housewives, The L word). Tirer la galette des rois avec des amis. Surement plein d'autres choses. Un souvenir très perso aussi d'une glace à la fraise, en pleine nuit, sur les Champs, mon dieu ça pourrait être romantique ces choses là il faut faire attention... une autre soirée qui aurait dû, à mon avis, être romantique, quelque part sur le tapis roulant des grandes stations de métro... bah non je ne crois pas au destin... bruxelles ne peut pas tout non plus... Pis les études, pas totalement ingrates non plus, un super cours d'espagnol et un prof d'anglais très gentil (la preuve, il m'a invité à boire un verre un soir après le cours- ne vous faites pas d'idées, c'était parce que je n'avais pas le moral), un prof de corporate qui ne peut pas être totalement mauvais puisque annécien (et prof de ski, moi je l'imagine bien dans son uniforme rouge... hum!), des conversations sympas en cours de corpo, d'espace mondial... Badie imitant Mao, j'adore. Le forum entreprises, découvrir ce qu'on vaut, finalement. Pour partir...
Je crois que le sentiment final sera que tout ça sera passé vite, très vite... Pourtant le début de semestre me semble loin. Et ça n'aura pas été très facile, et je ne sais pas pourquoi. A faire le compte le semestre n'aura pas été vide. Je ne l'aurais pas mis autant à profit que je voulais pour découvrir paris. Mais quand même un peu.
Et maintenant je ne vais plus avoir internet pendant un moment, sniff... comment vais-je faire...